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Moustapha Name, le sous-coté

Les projecteurs ne sont pas braqués sur lui. Pourtant, Moustapha Name continue d’éclairer le jeu du Paris FC. Capable de jouer devant la défense ou en soutien des attaquants, le Parisien compte 6 buts et 4 passes décisives. Aucun milieu de terrain sénégalais présent au Cameroun ne fait mieux en termes de statistiques. Ses performances permettent à son club d’entretenir, pour la deuxième année de suite, l’espoir de montée.

Moustapha Name est devenu le sauveur du Paris FC. Le Sénégalais a permis à son club de renouer avec le succès et d’ajouter six points dans la besace lors des deux derniers matchs. Deux coups francs. Un exercice loin de sourire aux Lions de la Téranga. Ses performances maintiennent les Franciliens dans le peloton de tête. Conscient que le PFC rate souvent le coche dans la dernière ligne droite, le Champion d’Afrique hausse son niveau. Car devant, l’AC Ajaccio et Auxerre sont déterminés à ne plus évoluer dans l’antichambre de la Ligue 1. Et derrière, les Parisiens sentent les braises sochaliennes souffler. Le rêve de celui que l’on surnomme « Mousti » est de placer un autre club de la capitale dans l’élite. L’ancien joueur de l’AS Douanes rêve grand. Il veut faire franchir un cap à son équipe. Raison pour laquelle il est resté une saison de plus au Paris FC. Cet été, il croule sous les propositions. Mais chauffer les strapontins douillets de Ligue 1 ne l’intéresse pas. Seule sa progression lui importe. Et les choses lui donnent raison.

De nombreux échecs

L’itinéraire du Parisien est parsemé d’embûches. Avant son arrivée dans la capitale, la galère ne le lâche pas d’une semelle. Son rêve de monnayer son talent en Europe s’écroule une première fois. Mineur, alors à l’AS Dakar Sacré-Coeur, il reçoit une proposition du Chievo. Le deal ne se fait pas. La suite de sa carrière le mène d’abord en Belgique puis en France. Il enchaîne des essais de gauche à droite. A cause des problèmes administratifs, il décide de retourner au Sénégal. Pour tout reprendre à zéro. Une deuxième désillusion. Ces nombreux échecs le touchent. Moralement au fond du trou, il tente de rebondir. Les Gabelous lui tendent la main. Au bout de deux ans, il retrouve la lumière. Après une dernière pige aboutie dans le championnat local (13 buts), Moustapha Name débarque sur la pointe des pieds en Béarn. Direction le Pau FC. Il suffit d’une saison pour mettre tout le monde d’accord. Le Genoa vient aux renseignements. La tête bien vissée sur les épaules, il refuse de brûler les étapes. Il décide de rester une année de plus pour confirmer. Ce qu’il finit par réaliser. Élément important du dispositif de Bruno Irles, il permet aux Palois de retrouver le monde professionnel. Vingt cinq ans après. Un moment historique. Une page se ferme. Un autre chapitre s’ouvre. Il mène au Paris FC pour continuer à grandir.

Brillant en club, souvent en tribunes en sélection

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Jouer au PFC est une suite logique. Après presque deux saisons à rayonner dans l’enfer du National, le Sénégalais est attendu pour confirmer. Ce casanier, amoureux du shopping et la sieste, conforte ses dirigeants. Le pari s’avère payant. Un début de saison tonitruant. Malgré une suspension de 4 matchs, les portes de la sélection s’ouvrent pour Moustapha Name. Le sélectionneur ne peut rester insensible aux bonnes sorties du Parisien, auteur quelques mois plutôt d’un bon tournoi (WAFU CUP) avec l’équipe nationale locale à Thiès. De retour en club, le joueur de 26 ans devient l’une des pièces maîtresses de René Girard. Avec lui, le Paris FC accroche les playoffs. Mais comme deux ans auparavant contre Lens (1-1, 5-4 aux tirs au but), le rêve d’accession en Ligue 1 vole en éclats. Grenoble met fin à l’aventure des Franciliens (2-0). Ses prestations lui permettent d’être régulièrement convoqué avec les Lions. Mais il ne compte que 5 sélections pour seulement 26 minutes, dont 23 en tant qu’arrière droit. Un poste qui n’est pas le sien. Face au déficit de latéraux, il le fait pour dépanner. Bien que souvent en tribunes, cet athlète (1,83 m pour 78 kilos) met en avant le collectif. Avec l’amour de la patrie tatoué sur le corps, malgré aucune apparition, il ne peut contenir ses émotions après le sacre des Lions au Cameroun. L’une des images fortes de cette CAN 2021.

Même si Aliou Cissé ne compte pas trop sur lui, Moustapha Name attend son heure. Le Parisien espère inverser les choses. Mais avant cela, une mission cruciale l’attend: permettre au PFC de jouer la Ligue 1 l’année prochaine. Pour avoir une meilleure exposition. Et enfin essayer de bouleverser la hiérarchie.

Moussa SARR

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