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Equipe nationale

Quand le Sénégal devient grand

Les Lions du Sénégal ont pris une nouvelle dimension sportivement et mentalement durant ce début de l’année 2022. Ces victoires importantes avec le titre de champion d’Afrique et la qualification à la coupe du monde sont loin d’être de simples succès.

 

En moins de deux mois, l’équipe du Sénégal a brisé le plafond de verre qui faisait office d’obstacle depuis des décennies. Champions d’Afrique, les Lions ont réussi la performance de rejoindre la coupe du monde deux éditions de suite. Ce qui est une première dans l’histoire du pays. Après plusieurs années avec le statut de meilleure nation africaine sur le classement de la FIFA, le Sénégal empruntait la réputation de la Belgique comme une équipe séduisante et ambitieuse mais qui abandonnait au premier obstacle. Malheureux en 2019 devant les Fennecs d’Algérie en perdant la finale de la CAN, Sadio Mané et ses coéquipiers ont rectifié une erreur de l’histoire en remportant pour la première fois une compétition continentale.

 

Sur le plan du mental

 

Cette victoire à la CAN au Cameroun et la qualification au mondial à Diamnadio a balayé d’un revers de main la thèse du manque de mental de la sélection. Le parcours des Lions en 2022 est sans doute le plus compliqué, le plus improbable et le plus excitant que le pays ait eu à connaitre dans son histoire. Résultat ? Le Sénégal est toujours en vie. Les Lions survivent toujours. Covid-19 pour une dizaine de joueurs, commotion cérébrale de la star de la Tanière, sanction pour 6 mois pour litige en club puis suspendu pour le cas Pape Guèye. Aliou Cissé est passé par tous les états ces dernières semaines mais encore une fois, le Sénégal retombe sur ses pas et survit. Souvent malheureux lors des séances de tirs au but et face aux maghrébins, ce chat noir est enfin vaincu en gagnant deux matchs aux enjeux cruciaux sur des tirs au but face à une équipe qui excelle dans cet exercice. Cette psychose se transmettait même dans les petites catégories. « Le Sénégal n’a pas de mental » dépassait des frontières avec Patrick Mboma qui lâchaient sur le plateau de Canal + avec un sourire provocateur « le Sénégal ne sait pas » en 2019. D’aucuns disaient que Sadio Mané n’était pas un tireur de penalties et d’autres préféraient même sortir en cours de jeu le meilleur gardien du monde, Edouard Mendy pour le dispenser des tirs au but dont il est très moyen pour rester courtois. La réponse de l’histoire fut brutale. Les deux penalties les plus importants de cette année 2022 a été inscrit par le meilleur joueur du continent africain. Et les deux arrêts décisifs réalisés par « Edu Mendy ». Cette capacité à surmonter les ratés et de ses surpasser pour être déterminant pour son pays est une preuve de plus que quelque chose a changé.

 

Sur la gestion de pression

 

Il fut loin ce temps où les joueurs tremblaient des pieds à chaque contrôle de balle parce que le public affiche une ambiance indescriptible jusqu’à laisser passer sa chance à une qualification importante. En 2004, Adebayor et le Togo avaient très vite compris que le public pouvait être l’ennemi du Sénégal. En 2008, la Gambie avait profité de cette fébrilité pour empêcher aux Lions de participer au seul mondial jusque-là organisé sur les terres africaines. Que dire de la réception de la Côte d’Ivoire en 2012 pour une place à la CAN 2013 ? Des joueurs crispés et pas au niveau de l’événement sur le plan émotionnel. Pas de CAN 2013 ! Aujourd’hui, le Sénégal s’est métamorphosé avec l’érosion du nouveau stade Me Abdoulaye Wade. L’ambiance électrique et la ferveur inédite du public présent à Diamnadio ont été transformées en pression positive de la part des joueurs et de l’entraineur. Galvanisés, déterminés, concentrés, transcendés, Kalidou Koulibaly et ses coéquipiers étaient méconnaissables tant que le visage affiché était rarement vu dans un match à domicile. Le coaching très lucide avec l’exemple de la sortie de Nampalys Mendy incompréhensible aux yeux du public mais courageux de la part d’Aliou Cissé pour rapporter de la stabilité au milieu dans un moment où les Pharaons gagnaient en confiance dans un temps fort, pour faire rentrer Cheikhou Kouyaté pour reprendre le dessus tactiquement.

 

Sur la manière de supporter les Lions

 

Ce changement contamine même le public sénégalais. Spectateur souvent dans des matchs importants ou facilement critiques envers ses propres joueurs sur les mauvais choix, le public a montré un soutien total à ses guerriers. Les ratés d’Ismaila Sarr, les mauvais contrôles de Bouna Sarr, les passes approximatives de Pape Abou Cissé, les applaudissements étaient toujours au rendez-vous pour galvaniser le joueur. Si venir tôt au stade n’est pas une nouveauté pour une rencontre de l’équipe nationale. Faire de l’ambiance de 13 heures à 20 heures est du jamais vu. Les décibels ont atteint un niveau jamais égalé dans ce pays. Une pression mise sur l’adversaire à un point de rendre le terrain très étroit pour les égyptiens. Jusqu’à provoquer le raté de Mohamed Salah sans doute l’un des meilleurs tireurs de penalty du monde. Après cette qualification, on peut clairement dire que ce stade est l’un des plus chauds du continent. Jamais le 12e homme n’a réussi une telle performance.

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