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NBA : les Golden State Warriors, la renaissance d’une dynastie ?

Il y a des attitudes qui ne trompent pas : des sourires, des  regards. Une atmosphère qui se dégage à chaque fois que Stephen Curry et ses partenaires rentrent sur le parquet pour en ressortir vainqueurs la large majorité du temps. Une forme d’arrogance qui témoigne surtout de l’état de confiance de cette équipe qui fait de plus en plus figure de grande favorite pour le titre. Les Warriors sont de retour. Les revoilà en finales NBA, trois ans après leur dernier passage et ils ont décidément une belle allure de champions.

Le retour des Warriors
 

On les avait laissés pour morts après leur défaite en six manches contre les Raptors en 2019. Une série qu’ils auraient probablement gagnée si Kevin Durant et Klay Thompson ne s’étaient pas tous les deux blessés. Et pourtant, paradoxalement, cet échec avait des airs de fin de cycle pour l’armada californienne. Les pépins de santé des uns et des autres illustraient la fatigue accumulée après quatre campagnes successives au sommet, pour quatre finales de suite et trois titres. Ces Warriors avaient besoin d’un break, aussi bien physiquement que mentalement.

KD est parti relever de nouveaux challenges à Brooklyn. Thompson a été écarté des terrains pendant deux ans. Curry a aussi jonglé avec différentes blessures tandis que Green, sans doute ennuyé par la situation de sa franchise, s’est arrêté de jouer au basket. Deux saisons de transition, bouclées avec 15 et 39 victoires, qui ont finalement permis à cette équipe de Golden State de se faire oublier en passant enfin un peu sous les radars. Mais les hommes de Steve Kerr ont simplement reculé pour mieux sauter.

Ils ont dominé tour à tour les superstars de la nouvelle génération durant ces playoffs : Nikola Jokic et les Nuggets (4-1) puis Ja Morant et les Grizzlies (4-2) et enfin Luka Doncic et les Mavericks (4-1). Les prodiges adverses ont tous brillé mais aucun d’entre eux n’a trouvé la solution pour mettre au tapis le collectif de la Bay. Une façon de rappeler que le trio composé par Stephen Curry, Klay Thompson et Draymond Green est particulièrement difficile à prendre à ce stade de la compétition.

Les trois All-Stars ont gagné 21 séries sur les 23 disputées depuis l’arrivée de Steve Kerr sur le banc. Ils connaissent le chemin. Ils savent élever leur niveau de jeu à chaque échéance. « Nous avons cette ADN du champion, nous avons des jeunes talents et nous trouvons notre équilibre pile au bon moment », remarque Thompson, qui considère son équipe comme la mieux armée pour aller au bout.

La culture de la gagne s’est ancrée dans cette franchise. Et ce ne sont pas les deux saisons sans playoffs qui vont faire oublier aux Warriors leurs automatismes. S’ils ont parfois manqué de rigueur contre Denver et Memphis, ils ont enclenché la vitesse supérieure contre Dallas. Parce qu’ils sentent les finales et donc une éventuelle quatrième bague. « On joue notre meilleur basket de la saison », admet Curry. « Nous sommes portés par l’importance du moment. C’est maintenant que ça compte vraiment. »

Le meneur All-Star est évidemment au cœur de ce succès. Il est le visage de cette organisation. Un leader souriant, plein d’enthousiasme, de confiance et de talent. Son énergie est communicative. Et ses coéquipiers le suivent tous dans son élan. Sauf qu’en plus, il est dans la forme de sa vie. 27 points, 46% aux tirs, 38% à trois-points, 5 rebonds, 6 passes… des moyennes qui peuvent sembler banales parce qu’il n’a pas encore claqué une pointe à 45 ou 50 unités. Mais ce sont pourtant là des performances exceptionnelles.

Si Curry est l’âme de l’équipe, Green est lui le cœur, le moteur. Son retour au premier plan coïncide avec la renaissance des Warriors et ce n’est évidemment pas un hasard. Il est le patron en défense mais aussi un point d’ancrage important en attaque. Ses paniers n’ont jamais été son premier apport mais il retrouve de l’agressivité balle en main, tout en restant un excellent playmaker. Thompson, bras droit de Curry, revient plutôt bien après deux ans et demi sans jouer. Il monte en régime semaine après semaine, avec, pour preuve, ses deux performances pour sortir Memphis au Game 6 et Dallas au Game 5. Le vétéran tourne à un peu plus de 19 points et 38% derrière l’arc.

Andrew Wiggins, lui, est le poumon à Golden State. Un joueur qui met enfin ses qualités athlétiques aux services de l’équipe. Beaucoup trop irrégulier aux Timberwolves, le Canadien est devenu le métronome des Warriors. Le spécialiste des tâches ingrates, une belle ironie pour un ancien premier choix de draft présentée comme une future superstar. Mais il est devenu un All-Star cette saison et ses prestations en playoffs montrent à quel point il méritait sa place. Wiggins assure le liant entre les stars et les autres joueurs de l’effectif. Il défend, il prend des rebonds, il attaque le cercle et il marque aussi de loin. Il dispose d’ailleurs du meilleur différentiel de son équipe depuis le début de la compétition.

Ce groupe n’est pas l’affaire d’un trio. C’est un corps entier. Une impression renforcée par les mouvements permanents des cinq joueurs sur le terrain, très souvent synchronisés. Ça aussi, ça fait partie de la culture. En décembre dernier, Steve Kerr constatait que la plupart des formations NBA « jouaient toutes les mêmes systèmes. » Lui refuse de tomber dans ce piège. Il veut de la variété pour rendre son escouade encore plus imprévisible.

La relève assurée 

Ses schémas peuvent demander du temps à intégrer pour les plus jeunes joueurs. Ces deux saisons de transition ont aussi servi à ça. Les Warriors ont fait le plein de picks et donc de talents prometteurs susceptibles de se greffer au trio tout en assurant l’avenir de la franchise. Jordan Poole en est le meilleur exemple. Catastrophique à ses débuts, il est devenu une menace offensive qui donne une toute autre dimension aux Dubs. Au point où son entraîneur lui donne carte blanche quand Curry se repose. « J’ai une énorme confiance en lui », confie Kerr. « Il comble un vide qui nous a posé de grosses difficultés ces dernières années : les minutes sans Steph sur le terrain. »

Jonathan Kuminga, septième choix de la dernière draft, est aussi amené à progresser sensiblement dans les prochains mois. Sans oublier James Wiseman, sélectionné en deuxième position en 2021 et absent cette saison. Les stars vétérans et les talents de demain forment un mix détonnant autour duquel gravitent un paquet de bons joueurs d’expérience comme Kevon Looney, Otto Porter Jr, Nemanja Bjelica, Andre Iguodala, Juan Toscano Anderson, Gary Payton II… Ces Warriors ne sont pas les plus forts, parce que Durant ne séjourne plus à San Francisco, mais ce sont sans doute les plus profonds. Ce groupe paraît encore plus complet qu’en 2015 ou en 2016, même si ses meilleurs éléments ont pris de l’âge.

Non seulement Golden State est en très bonne position pour gagner cette année, mais en plus la fenêtre de tir s’est agrandie avec l’évolution du jeu. Stephen Curry pourrait prolonger son apogée de quelques saisons. Thompson sera sans doute plus fort en 2023 qu’en 2022. Et l’avenir est excitant avec l’avènement de Poole ainsi que les évolutions de Kuminga et Wiseman.

En début de saison, Green parlait du défi unique qui se présentait à sa franchise : celui de développer des stars en devenir tout en allant se mêler à la course au titre. « Dans l’Histoire, ça n’a jamais réussi à personne de jouer sur deux tableaux. C’est la route vers laquelle on se dirige. » Neuf mois plus tard, les Warriors sont désormais lancés à pleine vitesse sur la route du titre.

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