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JO TOKYO

JO Tokyo 2020: Portrait de Steven Aimable qui entre en lice demain à 10:45

Après l’élimination au premier tour de la nageuse, Jeanne Boutbien, porte-drapeau sénégalais, ce sera au tour de l’autre nageur sénégalais engagé dans ces JO, Steven Aimable, de faire son entrée demain dans les bassins de Tokyo.Portrait.

Détenteur de la double nationalité, le Guyanais Steven Aimable se présentera demain sous les couleurs du Sénégal en 100m papillon.

L’aventure à Miami

Des étoiles plein les yeux, autant que sur la bannière qui l’a accueilli. Quand Steven Aimable débarque au cœur des gratte-ciel de Miami, son bac scientifique en poche, le changement de vie s’annonce radical pour le jeune Guyanais de 18 ans.

On est au début de l’année 2017, mais il n’a pas le luxe de pouvoir intégrer directement une université. Logé à Fort Lauderdale « dans une famille d’accueil d’origine vénézuélienne, avec trois autres nageurs, un Nicaraguayen, un Mexicain et un Brésilien », le spécialiste du 100 m papillon prend six mois pour apprendre l’anglais, avant de rejoindre le Junior College Broward et y étudier la finance.

« Puis, en 2020, j’ai pris une année sabbatique afin de me préparer pour les Jeux, mais ils ont été reportés. Le Covid a tout gâché », peste Steven, qui enchaîne les longueurs au club Azura, dans la ville toute proche de Davie.« Je ne savais pas trop vers quoi m’orienter. J’avais débuté une année de médecine en Guyane avant de tout plaquer. Ici, je voulais surtout conjuguer études et natation. »

« Aujourd’hui, j’ai trouvé mon rythme, cette expérience me fait grandir, mûrir, j’apprécie même les cours maintenant (rires). Tout est bien organisé, avec de belles infrastructures. Les athlètes sont reconnus et respectés, on progresse beaucoup plus vite ».

Le choix du Sénégal

Après des débuts balbutiants, Steven Aimable nage depuis un an sous l’étendard de l’université Nova, comme un poisson dans l’eau. Une réelle fierté pour le gamin de Matoury, heureux bénéficiaire d’une bourse. « Sinon, c’est 47 000 dollars l’année. »

L’ex-protégé des cousins Mandé, au club Mequaquarius de Cayenne, aborde donc les J.O. l’esprit léger, mais avec le poids de toute une nation, celle de sa maman : le Sénégal, où vivent encore ses tantes.

Car s’il n’affiche pas les minimas requis sur les tablettes tricolores (record à 54”09), le papillonneur jouit de la double nationalité et pourra arborer les couleurs africaines dans les bassins de Tokyo, comme il le fait depuis deux ans.

« Mon grand-père m’a toujours dit de redonner à l’Afrique ce qui lui appartient. C’est une vraie fierté pour moi de représenter mes origines. »

En attendant de gratter encore quelques dixièmes de secondes pour nager aux Jeux de 2024, à Paris, sous le blason bleu, blanc, rouge, Steven Aimable poursuit son bonhomme de chemin sur les traces de son aîné guyanais Mehdy Metella, lui aussi adepte du papillon et qualifié pour le Japon avec le clan français.

« Quand j’avais 10 ans, c’était mon modèle, il était le plus fort, le plus grand… J’espère un jour pouvoir nager face à lui. »

Un rêve de plus à réaliser pour celui qui aimerait surtout, dans un avenir proche, qu’on lui passe la mythique bague au doigt, symbole de sacre national dans le championnat universitaire américain. La reconnaissance ultime au pays où décidément rien n’est impossible.

Demain, Steven Aimable va plonger pour l’épreuve des 100m papillon, en série, à 10h.

MG avec ewag.

 

 

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